La prévention des "fausses routes"

Publié le par Réseau inter CVS 91

Les troubles de la déglutition ou « fausses routes » peuvent entraîner une obstruction laryngée causant une asphyxie rapide ou des infections bronchites lorsqu'elles sont répétées. Ces risques à appréhender sont de la compétence des professionnels en établissement et à domicile et pas spécifiquement du CVS. Mais il est nécessaire que les aidants familiaux connaissent le type de prévention proposée par des spécialistes

Ce problème important a été présenté lors du colloque d’Agevillage sur les approches non médicamenteuses les 12 et 13 novembre 2015. Résumé.

Causes

Le vieillissement entraine une augmentation des maladies dégénératives et des différentes complications des organes. La cavité buccale est atteinte notamment avec la perte de substances partielles ou totales des dents, des prothèses non adaptées entrainant une diminution voire une absence de pouvoir masticatoire. Les « fausses routes » qui découlent de handicaps physiques et de troubles cognitifs ont d’autres causes : l’alimentation, mais également des pratiques soignantes autour des résidents en Ehpad.

Indiquons que 60% des patients ont une mauvaise dentition ou une absence de dents.

La fausse route par obstruction peut se produire avec toutes sortes d'aliments, y compris les aliments hachés et mixés.

La dépendance pour manger multiplie par 3 le risque d'asphyxie, et la perte de l'occlusion dentaire multiplie ce risque par 1,7.

Prévention

Trois critères, l'aliment doit être: glissant; cohésif; non obstructif.

4e critère: ne pas mélanger de liquide et de solide.

Autres recommandations

Pour l'autonomie: la posture doit être adaptée pour manger seul; la mise en bouche doit se faire sans aide ; l’hygiène bucco-dentaire doit être autonome.

L'hygiène bucco-dentaire doit être rigoureuse.

Le citron, le piment, le poivre ou encore la gazéification des liquides améliorent la déglutition, y compris sur le plan neurologique.

Il faut aussi développer tous les moyens de stimulation: diversité des goûts, des textures, des températures et des présentations.

Un aliment ne doit jamais excéder 1,5 cm (taille du Larynx)

Les médicaments ne sont pas à écraser dans l'aliment, si non l'effet du médicament peu être annulé.

Le mixé est surtout adapté dans certains cas d'AVC et en fin de vie. (Selon une étude viennoise le mixé n'élimine pas le risque de suffocation). Le mixer entraîne une perte sensorielle. Il vaut mieux moins mixer et mieux restaurer avec une texture adaptée et un aliment plus goûteux.

Les bains de bouche ne sont pas la solution, ils doivent être exceptionnels. Il faut brosser les dents (pour s'attaquer aux millions de bactéries). Il existe des brosses à dents et des dentifrices adaptés.

50 % des patients sont atteints de sécheresse buccale. Les antiseptiques accroissent ou sont la cause de ce phénomène. Les personnes atteintes de diabète sont encore plus touchées.

Source.Vincent Blasco-Baque, docteur en médecine dentaire, chercheur à l'Inserm de Toulouse avec Yann Tannou et Xavier Cormary orthophonistes au 8e colloque de l’Humanitude en novembre 2015

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