Quand les personnels se mettent à la place des résidents

Publié le par Réseau inter CVS 91

 

L'Ehpad du CHI de Wasquehal dans le Nord a invité toutes les équipes à se mettre dans la peau d'un futur résident et à s'interroger sur leurs attentes quotidiennes s'ils entraient en institution. Les idées ont fusé et certaines sont déjà appliquées, "croisées" avec certains souhaits des personnes âgées et de leurs familles.

Extrait de l’article paru dans Gerontonews.com

 

Cinq axes d'amélioration ont été retenus

  • Se sentir "chez-soi": personnaliser la chambre en emmenant des meubles (une étagère, une table de chevet…), avoir sa propre sonnette ou sa boîte aux lettres, recevoir sa famille, avoir un animal de compagnie, participer à la vie de l'Ehpad (hors animations) en aidant d'autres résidents.
  • La restauration: garder le choix du repas, notamment de l'horaire, "ce qui est plus facile sur le petit-déjeuner que sur le déjeuner et le dîner", a concédé Jean-Paul Vanhoutte, directeur des services hôteliers.
  • L'animation au sens large du terme: avoir accès aux activités tout le temps et pas aux horaires définis.
  • Le sommeil: pouvoir décider de son heure de coucher et de lever. Pouvoir apporter son linge de lit.
  • "les soins": être informé de l'état de santé, de l'objectif et des résultats des examens réalisés, ce qui n'est pas fait "systématiquement", a souligné la cadre de santé.

Les changements les plus facilement applicables ont été rapidement mis en place. Quelques exemples: ne pas limiter le nombre de cadres dans la chambre; étudier la faisabilité d'avoir des animaux (poulailler, chèvres naines…); La mise à disposition d'une salle pour organiser des repas avec les familles; l'aide des résidents à la préparation du barbecue annuel.

La distribution du petit-déjeuner a aussi été repensée en différant le soin ou la distribution des boissons. "Si le résident n'est pas réveillé, les hôteliers posent le plateau dans la chambre sans la boisson. Après avoir réalisé le soin, le soignant va chercher le pichet et verse la boisson chaude" (une idée des soignants), a illustré la directrice.

Cette collecte d'idées pluridisciplinaire, avec la participation "de toutes les équipes, des logisticiens aux cuisiniers, ont montré des impacts au quotidien", s'est réjouie la cadre de santé. "On est devenu un lieu de vie", mais "sans rien négocier sur la qualité des soins". Simplement, "le soin est maintenant support de l'hôtellerie et de la vie sociale: le repas est la priorité, avec une vraie collaboration entre les équipes soignante et hôtelière. Elles servent et desservent toutes ensemble [le petit-déjeuner], il n'y a plus de dichotomie."

Quant aux hôteliers, "ils assistent désormais aux temps de transmission, le matin et le soir, ça leur permet d'appréhender différemment l'accompagnement du résident", a précisé Béatrice Coutier.

Ces changements ont été rendus acceptables au moment où l’Ehpad était en restructuration.

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