Inter-CVS 91 de juin, des situations disparates

Publié le par Réseau inter CVS 91

Les représentants des CVS d’Ehpad de l’Essonne se sont réunis le 1er juin en visio, pour échanger sur l’assouplissement des conditions de visite dans leur établissement, et sur la place accordée au CVS dans celui-ci. D’autres élus ont fait part de leur situation par mail, soit au total 35 CVS (liste en pièce jointe)

Les situations sont très disparates d’un Ehpad à l’autre, concernant les visites et la prise en compte du CVS. La « Nouvelle étape vers un retour à la vie normale dans les Ehpad, les USLD et les résidences autonomie », recommandation gouvernementale censée entrer en vigueur à partir du 28 mai, n’a pas été suivie d’effet partout. Certains Ehpad l’ont anticipée, autorisant les visites en chambre, et les sorties dans les familles, notamment pour la Fête des mères, supprimant les prises de rendez-vous, etc. ; parfois ils ont attendu le 28 mai pour s’y conformer mais, parfois, ils traînent encore des pieds, interdisant les visites en chambre, obligeant même les visiteurs à passer un test ou à être vaccinés pour cela, alors que ces dispositions ne sont pas obligatoires.

L’ARS apporte des recommandations ou des conseils, mais c’est la direction qui décide

Mme Zahira Cada, qui représente l’ARS 91, le confirme, mais rappelle que la direction décide toujours in fine, étant jugée plus apte à évaluer la situation de son établissement et les risques encourus par ses résidents. La vaccination massive de ces derniers (entre 90 et 98%) a diminué de manière colossale les cas de contamination - il y en a encore parfois, mais sous une forme asymptomatique. La vaccination des personnels, non obligatoire, plafonne à 50-60% en revanche. Une enquête a été réalisée par l’ARS à ce sujet, elle pourrait donner ce chiffre pour chacun des établissements. C’est regrettable car ils sont, plus que les familles, une source de contamination, estime un président de CVS, étant au plus proche des résidents. Dans son Ehpad, la direction a créé des macarons « Je suis vacciné ».

Des CVS vraiment consultés, d’autres occultés

Dans certains Ehpad, les CVS ont été associés aux modalités d’assouplissement des visites (à l’initiative de la direction, ou parce qu’ils l’ont demandé), dans d’autres ils ont été mis devant le fait accompli et en ont été informés en même temps que toutes les familles. Certains CVS ne se réunissent pas depuis des mois, d’autres le font régulièrement en visio. Dans un établissement, il n’y a pas eu d’élections depuis 2013 et la présidente du CVS est une résidente âgée de 100 ans !

Les animations reprennent progressivement, parfois en collectif ou de manière encore sectorisée. Un représentant des familles s’est battu pour que des messes aient à nouveau lieu. Mais, globalement, le retour des bénévoles se fait attendre partout.

Des barnums à l’extérieur pour accroitre les visites en famille

En raison des beaux jours, les visites en extérieur ont pu reprendre partout, sans limite de durée le plus souvent. Deux Ehpad  ont même installé une tente barnum pour que les résidents puissent manger à l’extérieur avec leur famille et se rencontrer plus facilement. Certains établissements autorisent les repas en famille dans une petite salle à part. En cas de sortie, les résidents sont isolés dans leur chambre 7 jours… ou pas du tout, là encore, la situation est très variable. Les petits enfants peuvent enfin revoir leurs grands-parents, mais dans certains Ehpad leurs visites sont encore interdites

Les retours des visites en chambre ont permis de constater un certain désordre dans les placards et des disparitions d’objets et de vêtements. Cela s’explique par la charge de travail du personnel faute de la présence régulière de la famille dans la chambre depuis plus d’un an. Le turn-over important du personnel et des difficultés de recrutement, qui se manifestent partout sont une autre explication

Le retour à une vie sociale normale attendu

Les représentants des familles attendent impatiemment un retour à la normale pour échanger avec le personnel et croiser d’autres familles, échanger avec elles et pouvoir jouer leur rôle efficacement. Les familles, en effet, se manifestent trop rarement par e-mail ou par téléphone, et il a été impossible, pendant 15 mois, d’organiser des réunions des familles, sauf pour le CVS de St Joseph d’Etampes qui a réussi à l’organiser dans un local municipal.

Partout les CVS et les familles ont ainsi été entravés dans leur rôle par la restriction des libertés démocratiques. La santé psychologique, affective et physique des résidents s’en est en conséquence ressentie. Le climat relationnel entre les familles et les professionnels a souvent été perturbé.

 

 

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