La maltraitance dans tous ses états
La commission pour la lutte contre la maltraitance et la promotion de la bientraitance, en place depuis 2018, vient de publier ses travaux (en pièce jointe). Ils reposent sur un vocabulaire partagé des personnes en situation de vulnérabilité, pour mieux comprendre les phénomènes de maltraitance, à réagir collectivement et les prévenir
Réaffirmer le droit et le devoir
- Le droit pour tout citoyen en situation de vulnérabilité d’être protégé des négligences et des violences qu’il ne peut faire cesser ni prévenir par lui-même ;
- Le devoir de notre société et de nos institutions envers celles et ceux qui se trouvent ponctuellement ou durablement vulnérabilisés par des facteurs liés à leur parcours de vie personnelle ou liés à leur environnement passé ou présent, de ne pas laisser les situations de maltraitance qu’ils rencontrent être ignorées.
Définir la maltraitance
“Il y a maltraitance d’une personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action, compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux, et/ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement. Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non ; leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. Les violences et les négligences peuvent revêtir des formes multiples et associées au sein de ces situations.”
Repérer les différentes situations
Maltraitances individuelles. Elles peuvent être physiques, sexuelles, psychologiques, matérielles ou financières, négligences, abandons, privations, discriminations …
Maltraitances collectives ou institutionnelles. Elles peuvent avoir comme origine des restrictions de droits ou des dysfonctionnements, des pratiques professionnelles, managériales inadaptées ou défaillantes, des situations de sous-effectif ou de sous-qualification, une formation insuffisante ou inadaptée, une absence des régulations des violences subies et d’un circuite d’alerte et de traitement….
La Commission facilite l’identification et l’analyse des différentes situations possibles, en fonction de la nature de la maltraitance, du lieu où elle se produit, de la personne qui la subit, de son auteur ou encore selon l’échelle de responsabilité, la durée, les actions correctives apportées à la situation.
Parler de vulnérabilité plutôt que de fragilité
La Commission précise qu’une “personne se sent ou est en situation de vulnérabilité lorsqu’elle se trouve en difficulté voire impossibilité de se défendre ou de faire cesser une maltraitance à son égard ou de faire valoir ses droits”. Il s’agit de parler d’une personne en situation de vulnérabilité et non pas d’une personne fragile ou fragilisée. Une situation de vulnérabilité est liée à des facteurs individuels et/ou des facteurs environnementaux.
Résoudre durablement des situations de maltraitance
Le but des actions correctives est d’abord de faire cesser les situations de maltraitance“. L’absence de concertation entre les acteurs en charge des différentes réponses est bien l’un des plus grands défis pour ne pas reproduire voire amplifier la maltraitance initiale mais la résoudre durablement.”
Selon notre Inter CVS, le conseil de la vie sociale, dans son approche collective, sera mieux outillé par ces travaux pour mieux appréhender, aborder et prévenir la maltraitance et promouvoir la bientraitance.